The Vintage Corner


Revox - Lecteur CD Revox B225 NOS



B225 modifié N.O.S. (sans sur-échantillonnage)

Juin 2008 - Jean Yves R.

(NDLR : NOS pour Non Over Sampling = Sans Suréchantillonage. Consultez la page Philips pour en savoir un peu plus, faites vous saliver avec la page Wadia,  et surtout DIYAudio - Digital)


The Vintage Corner


B225 (A) avant modifications.


1) Petite introduction sur le Revox B225.

Lors de l'exposition "Funkaustellung" à Dusseldorf (Allemagne) en août 1982, Revox a présenté son premier prototype fonctionnel de lecteur CD. Cet appareil, dans l'ancien design des éléments B77, B710, B750, B760 et B780, n'a jamais été commercialisé.

Prototype Revox "B725"

Le premier lecteur de série, le B225 fut disponible fin 1983 dans sa nouvelle robe assortis aux B285 (receiver) et B215 (cassette). Suivirent les déclinaisons professionnelles Studer A725 et A725QC.

Le lecteur comprend un tiroir central avec la mécanique et un afficheur LCD. L’ensemble sort complètement pour permettre de charger le disque. Le clavier et séparé en plusieurs zones: à droite les touches de commande, à gauche le bloc numérique et la programmation. Sur la façade arrière on peut trouver deux paires de sorties (variables et fixes), l'embase secteur avec son sélecteur de tension et une liaison série.


B255 (B) avec éclairage led (à la place des ampoules)

Pour l'époque les fonctions et les équipements étaient pléthorique:
- Sortie casque (digne de ce nom) à volume variable.
- Afficheur LCD multifonction.
- Programmation de 19 morceaux, plages ou même extinction, pause ou boucle.
- Télécommande infrarouge.
- 2 sorties dont une variable.
- Oscillateur 0dB pour le calibrage des magnétophones.
- Commande par timer / contrôleur externe (B203)

Caractéristiques techniques (données Revox de l'époque):

Bande passante: 20Hz à 20KHz à +0 / -0.6 dB
Distorsion (DHT): < 0.006 %
Rapport signal sur bruit > 100dB
Séparation des canaux >90 dB
Temps de recherche sur la totalité du CD < 4 sec.
Poids: 8.5 Kg
Prix (avec télécommande B210CD): 1895.- Francs Suisse soit environ 1200€.

Le B225 obtient le 1er prix "Design & engineering" au salon C.E.S. de Las Vegas en 1983 (1).

La construction professionnelle se base sur une mécanique et un jeu de composants Philips. L'électronique est monté sur des cartes enfichables sans aucun réglage pour garantir un dépannage rapide.

(1) « Die Sprechenden Maschinen » ISBN 3-7263-6713-6


De haut en bas:
-Carte alimentation + asservissement focus + commande moteur disque
-Carte CPU (microprocesseur) + commande moteur tiroir
-Transformateur secteur et tiroir
-Sur la gauche, carte asservissement radial + récepteur IR


-Carte filtre numérique + convertisseurs + sorties.
-Carte décodage numérique + générateur de calibration


2) Échantillonnage, quantification, filtrage et sur-échantillonnage.

Lors de l'enregistrement du CD master les signaux analogiques gauche et droite sont convertis (mesurés, échantillonnés) en données numérique 44100 fois par seconde: on parle de fréquence d'échantillonnage Fs à 44.1 KHz. La quantification se fait sur une échelle de 16 bits soit 65536 niveaux différents possibles (2 à la puissance 16). On obtient donc un flux de données numériques qui sont enregistrées sur le CD (avec un encodage particulier).

Si lors de la lecture, ce flux numérique est reconvertis en analogique sans aucune autre précaution on obtient un signal "en marche d'escalier" avec une composante importante de Fs et ses multiples(2). Ces signaux inutiles et en grande partie inaudibles, créent une distorsion harmonique, risquent de saturer les étages amplificateurs suivants et donc de créer une distorssion par inter-modulation.

Tout lecteur de CD contient un filtre passe bas qui a pour rôle de ne laisser passer que la bande utile audio. Idéalement ce filtre coupe tout au delà de 20KHz, en anglais "brick wall filter". Ce filtre délicat n'est pas réalisable en électronique analogique, on recourt donc a un filtrage numérique par sur-échantillonnage. Les données numériques lues sur le CD sont répétées 4 fois et sont appliquées à des coefficients de filtrage. Ces nouvelles valeurs sont alors convertis en analogique par les convertisseurs. Ceux-ci travaillent maintenant à 4x Fs soit 176KHz, les harmoniques numériques restantes sont efficacement atténuées par un simple filtre passe bas analogique, car elles se trouvent bien au-delà de la bande audio.

(2) plus exactement lobes autour des multiples de Fs: (n*Fs)-f et (n*Fs)+f

Tiroir avec CD visible du B225 (A).

Bien que comprenant déjà un filtre numérique le B225 affiche aujourd'hui ses limites:

a) Le filtre numérique SAA7030 est vraiment de toute première génération, ses modestes caractéristiques provoquent des artéfacts:
- Sur-échantillonnage de 4x uniquement.
- Précision modeste du calcul et des coefficients, arrondis importants.
- Pas de "dithering" (introduction d'un bruit aléatoires numérique pour éviter les artéfacts répétitifs).
- Pas d'interpolation sur erreurs incorrigibles (ici ce n'est pas un critère de qualité).

b) Les convertisseurs TDA1540 ne peuvent que convertir 14 bits (soit 16384 niveaux possibles) soit une perte de résolution, d'information.

Subjectivement le son du B225 est cohérent, doux voire "analogique", plaisant, sans doute exemplaire pour l’époque. Il ne tient cependant pas la comparaison avec un lecteur CD plus récent, le son est un peu terne, fermé, peu d'effets 3D.

Pour essayer de d’améliorer le son du B225 il faudrait changer le convertisseur numérique / analogique. Mais ce lecteur ne dispose pas d’une sortie numérique SPDIF. Une autre approche consiste à détourner le flux de données audio interne. Mais là encore pas de bus standard « I2S ». Par contre il existe un ancien convertisseur 16 bits de chez Philips qui permet le raccordement interne : Le fameux TDA1541A aussi utilisé chez Revox dans le B226, A730, A727, H7...


3) Le concept N.O.S. = No Over Sampling (pas de sur-échantillonnage):


L'idée est très simple: comme notre filtre sur-échantillonneur crée des artéfacts il suffit de l'enlever ! Les composantes harmoniques indésirables seront filtrées en partie par un filtre analogique conventionnel et par les filtres de l'ampli / pré-ampli suivant.


Greffe d'un convertisseur et de filtres.


Quelques condensateurs supplémentaires...


On peut voir sur la gauche l'emplacement de l'ancien filtre numérique.

Sur le B225 on gagne en résolution, en précision et en finesse grâce au nouveau convertisseur, les étages de sortie de meilleurs qualités et à la suppression du SAA7030.

La mise au point du filtre analogique est délicate et dépend des autres éléments (ampli, HP): Trop filtré le son devint voilé, fermé, à l’opposé les harmoniques deviennent envahissantes, sifflantes sur les S, timbre métallique exagéré sur les cymbales...

Subjectivement le son est totalement différent : il n’est plus du tout « vintage » ! Beaucoup de détails, de finesse, des timbres riches, une grande retenue et une dynamique importante. Ce n’est pas encore mon lecteur « de référence » il lui manque un peu de spatialisation et une touche soyeuse dans les extrêmes aigus (comme mon lecteur à sortie tube…).

Ou sont les inconvénients, pourquoi les constructeurs ne fabriquent pas des NOS ?

-         Le résultat final dépend trop des autre éléments (surtout de l’ampli)..

-         Il est impensable pour un appareil "grand publique" de produire des signaux « haute fréquences » qui risquent d’endommager un ampli ou les HP.

-         Les mesures électriques ne sont pas terribles: Le filtrage et la conversion NOS font perdre de –3 à –6 dB à 20KHz. La forme du signal indique une distorsion harmonique (bien supérieure à l'original). Le rapport signal sur bruit risque de remonter.



Le B225 (A) et son cadet, un B22 de 1994.

Des mesures plus poussées restent à faire (spectre, DHT, TIM…) pour comprendre un peu mieux certains phénomènes et pour améliorer les chiffres…

Autres axes d'améliorations / de modifications:
- Un étage de sortie / filtre à tube.
- Un 2eme convertisseur en mode symétrique.
- 2,4,8 ou 16 convertisseurs en mode "interpolation directe".
- Une sortie sortie numérique SPDIF.

Mais c’est avant tout la musicalité qui importe…


Jean-Yves R.

Les photos proviennent de deux B225 différents:

A) 1ere génération de 1984, N°5xxx avec mécanique CDM0, modifié en N.O.S.
B) 2eme génération de fin 1985, N°29xxx avec CDM1, non modifié, (hors éclairage à led).