The Vintage Corner


Philips



Introduction du tôlier


Février 2008. Après plusieurs mois d'existence du site, je me rends compte que j'ai été particulièrement ingrat vis à vis de cette marque.

Philips et Sony ont mis leurs moyens en commun pour accoucher du CD Audio. Sur ce site, le Sony CDP-101 a été présenté car que je dispose d'un modèle. Mais la vérité, c'est que pendant des années je n'avais qu'une idée en tête : les Philips sont les meilleures. Hélas, je ne disose pas des tous premiers modèles pour réaliser les photos et comptes rendus d'écoutes. Qu'à cela ne tienne, je vais commencer par un petit récapitulatif, et laisserai ensuite la parole aux contributeurs passionnés qui enrichissent le site et son en train de le faire devenir une véritable référence.

Pour le CD Audio, les ingénieurs de Philips avaient planché sur un convertisseur 14 bits. L'association avec Sony provoquant le changement pour du 16 bits (merci Seigneur) ne permettait pas à Philips de fabriquer des convertisseurs 16 bits pour les premières platines. Au moment de la sortie des lecteurs de CD sur le marché (vous savez, les appareils au son parfait qui allaient tous sonner pareil, puisque le son était parfait) on se retrouvait avec un Sony équipé d'un convertisseur 16 bits mais alternant la conversion gauche droite (générant des décalages sonores perceptibles et bizzares) et d'un Philips (ou Marantz, selon les pays) équipé d'un convertisseur 14 bits !

A mon goût, la solution de Philips était la plus élégante du point de vue sonore. Obligé de faire du 16 avec du 14 (le TDA 1540), les ingénieurs développèrent une sorte de système suréchantilloné quatre fois avec un système de noise shaping (vers wikipedia) permettant de sonner véritablement mieux que la concurrence. A vrai dire, la concurrence n'était pas bien forte. En effet, les concurrents utilisaient (en Europe surtout) les mécaniques Philips ainsi que les TDA 1540 fabriqués par Philips : Marantz (propriété de Philips), Revox et les autres...

En 1985 sortait enfin le vrai convertisseur 16 bits, le TDA 1541. Et puis, quelques temps plus tard, le système one bit poussait à l'extrême le concept de suréchantillonage. Jamais avoué en public, Philips considérait tout de même que le one bit était pour les appareils économiques, alors que le TDA1541 serait réservé aux appareils haut de gamme.

Le TDA1541 connu une très belle carrière et fut décliné en plusieurs versions :
Le S1 est dit Single Crown et le S2 est le Double Crown. Ces convertisseurs triès (même chaine de fabrication mais exemplaires plus performants aux mesures que les autres) disposent d'une petite courronne (Crown) ou de deux, tatouées sur le circuit. Les S2, meilleurs aux mesures, se vendent aujourd'hui à prix d'or, hélas avec le risque de se faire berner par des acheteurs peux scrupuleux. D'autre part, certains considèrent qu'un S2, un double Crown, n'est pas forcément meilleur que le TDA1541 installé dans votre Marantz CD75II. Sur la chaine de farication était prélevé un lot, et les meilleurs devenaient S1 ou S2. Le votre est peut être un S1 ou S2, mais il n'aura pas fait partie du sublot prélevé sur la chaine, et identifié comme tel !

Je radote, mais pour une technologie où un 1 est un 1 et un 0 est un 0, je trouve que tous ces efforts pour des appareils qui sonnent tous pareils sont bien inutiles.

A suivre...


Les commentaires de Jo

Premièrement, ton texte va mettre en lumière le décalage que l'on rencontre souvent dans les messages marketing commerciaux entre l'annonce et la réalité.(Messages dont la tonalité envahit curieusement depuis cette ère le monde de la Hi-FI). Il s'agissait de séduire les panels de consommateurs et de distributeurs!
 
Le problème avec le CD à son arrivée c'était peut-être le caractère "psychologiquement" révolutionnaire. Psychologiquement parce que ce devait être dur de ne pas y croire à ce discours du numérique. Et pourtant...
 
Pourtant, quelques "problèmes techniques" se sont posés:
 
Des personnalités du monde de la musique comme Elisabeth Schwarzkopf ne reconnaissaient pas même leur propre voix dans les premiers pressages CD! Bon, faut dire que sa maison était EMI il me semble. Et en classique... je ne crois pas connaître plus "dur" comme enregistrements CD. La version de la 9è de Beethoven qui transcende toutes les autres (par Furtwängler) est un ancien repiquage EMI... très bon test pour mettre à l'épreuve la musicalité d'un ensemble d'ailleurs...
 
Quand tu dis "les appareils au son parfait qui allaient tous sonner pareil, puisque le son était parfait"  c'est à mon avis le piège dans lequel sont tombés les concepteurs et communications sur la technologie. L'idéal technologique est atteint... mais la subjectivité reste! Merde c'est con!!!  :D  
 
Deuxièmement, l'histoire du lancement du CD est passionnante. Je crois que tu travailles dessus depuis pas mal de temps, d'ailleurs.
 
Dire que le son va enfin être pur... tatata c''est autant une grossière erreur de comm° qu'une astuce marketing sans précédent!! Si tous les lecteurs sonnaient de la même façon et aussi bien, la source aurait eu un cycle de vie plus court qu'un rubicube! Or je ne connais pas vraiment de produits qui ne suive pas ce Cycle de vie :
 
Pour supplanter le 33trs, il fallait que ce cycle de vie soit le plus long possible! Rien de plus facile à mon avis pour des ingénieurs que de faire trâner les choses. Enfin peut-être que je les surestime  :D  
 
Une chose est sûre: Aucun intérêt que des dizaines d'entreprises se lancent à produire exactement la même chose pour le même son ! A moins de n'y ajouter sa touche personnelle. Plastique, cuir, poils de chat...bois... Il faut donc extrapoler le truc et dire que "nous" nous avons pris soin à ceci pour que nos lecteurs soient bien les meilleurs que la technologie permet. Choix des composants... mécaniques, convertifrères...etc  
 
 Il fallait impérativement qu'il y ait ces différences, qui permettaient à la fois de rendre le lecteur suffisamment accessible pour que les mélomanes et panels de consommateurs lambada  :whistle: puissent remplacer leurs galettes périmées. Que les ingénieurs poussent la technologie dans ses derniers retranchements.  
 
Le problème de toute hypothèse en science, c'est de s'imposer des cadres théoriques et expérimentaux qui ne sont vérifiées dans les hypothèses de travail et expériences, que dans ces cadres. Mais seule compte la réalité!
 
J'ai sans doute tort mais le principe de fonctionnement d'un Vinyle me paraît moins ésotérique que celui du CD... Je me souviens que Camion m'avait expliqué le fonctionnement de l'horloge et de tout ce qui l'entoure...
 
"Je radote, mais pour une technologie où un 1 est un 1 et un 0 est un 0, je trouve que tous ces efforts pour des appareils qui sonnent tous pareils sont bien inutiles."   :D